En ce début de Mois d’octobre, une nouvelle année s’est ouverte pour le peuple Juif et donc l’étude de la torah recommence avec la paracha de Béréchit. Dans la catégorie « L’année juive » ce sera le cinquième billet sur la paracha, dans lequel je voudrais aborder le sujet de la violence au travers de la péricope de Caïn et Abel. On peut aborder cette histoire de diverses manières et la difficulté est que nous en connaissons l’issue : le premier crime de l’humanité. Et on cherche donc dans sa naissance, dans son prénom, la préfiguration de la vie de Caïn qui ne pouvait pas faire autre chose que de tuer Abel.

Si Caïn est le premier assassin il est aussi le premier qui offre un sacrifice et, il me semble, que ce qui humilie Caïn, le texte hébreu dit que Caïn perdit la face, ce n’est pas le refus par Dieu de son offre mais son exclusion du système qu’il a lui-même institué.

Et sa réaction c’est la violence parce qu’en tuant Abel il pense détruire le système. Ici la violence n’est pas une production naturelle, normale de la vie de Caïn mais une irruption dans sa vie du fait de son exclusion.

 Ce n’est pas l’histoire de deux frères qui se retrouve face à face et que la jalousie mènera au pire mais c’est l’histoire de la désignation par Dieu d’un chouchou et donc d’un bouc émissaire. Ce crime est le fruit de la zizanie produite par Dieu.

Dans quel but ?

Dieu refuse le déterminisme, - non Caïn, ton destin n’est pas de tuer Abel-, et Il le dit en Genése 4-7et 8. 

La violence n’attend que l’occasion pour faire irruption dans nos vies. L’humiliation en est une, refuser ou rejeter le don de quelqu’un est plus grave que d’ignorer cette personne. L’exclusion en est une autre, rejeter ou refuser la participation de quelqu’un dans la société conduit à la violence.

Mais Dieu, en voyant Caïn abattu, ne le juge pas ; Il lui dit qu’il peut faire autrement, qu’il doit être maître de sa vie, prendre la bonne décision.

Abel n’était pour rien dans cette histoire, à la limite il n’a fait qu’imiter son frère et il se trouva que, par hasard, son offrande plût à Dieu. Prévenu par celui-ci, Caïn, en se laissant dominer par la violence, n’avait aucune excuse, il fut maudit… mais ce n’était pas son destin d’être rejeté!

Bien sûr si la violence est le fruit de l’exclusion, de l’humiliation, Jésus met en garde aussi bien l’humilié que l’auteur de l’humiliation.

Matthieu 5:22

Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d'être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d'être puni par le feu de la géhenne.